(…) et pour rendre l’aspect des brumes, laissez à la soie sa couleur naturelle.

Kouo Hi

Sansui, « les montagnes et les eaux ». C’est sous cette catégorie que les lettrés chinois vont concentrer l’essentiel de leurs recherches en peinture à l’encre.

Les nuages et les brumes, omniprésents dans ces peintures, distancient et masquent partiellement les montagnes. Ces nuées ne sont pour la plupart que la soie laissée nue, à peine humectée, en réserve d’encre. Par un renversement digne du procédé photographique, c’est ce vide qui masque.
L’idée de ces quatre feuilles et quelques mots ne vient pas de ces paysages, mais, sans doute inspirée par les formes du papier, peut-être en rêve les ai-je associées à ce procédé : un corps de brume s’intercalant masque une partie, chaque fois différente, d’un poème.
En y repensant, une question naît  : réserver l’encre, réserver les mots, que laisse-t-on avancer ?

(Fan K’ouan) observant les nuages et les brumes, les aspects changeants des rochers à pic dans le vent et dans la nuit lunaire, s’ouvrit à ces formes mouvantes.

Nicole Vandier-Nicolas

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